Une expérimentation linguistique: les observatoires des branches professionnellesinfographie2.jpg

 

Notre équipe I-Def a été confrontée de manière empirique à la réflexion foisonnante des professionnels des métiers des études et du conseil sur leur propre profession et sur les méthodologies déployées par ces entreprises pour la promotion de leur métier. La rapide évolution des besoins des professionnels les amène, de manière empirique, à développer des répertoires de compétences professionnelles, qui sont des expressions figées définies dans des glossaires, associées à des noms d’emplois qui eux-mêmes évoluent très vite dans un contexte médiatique surdéterminé. Par exemple, le développement d’un métier comme « conseiller en relations publics » (comprenez: « en relations avec les publics »), métier qui s’est développé grandement ces trois dernières années sur la base d’un enrichissement des compétences des « community managers » associées à celles d’un fin diplomate montre à quel point il est nécessaire pour des organismes fédérant les entreprises de rendre compte continuellement de la réalité du marché de l’emploi dans un secteur donné. Le but d’une telle opération est profondément entrepreneurial parce qu’il est lié d’une part à la définition d’un profil d’employabilité des candidats à l’embauche et détermine en aval en quelque sorte la réalité du recrutement dans le secteur donné.

 

Face à ce foisonnement terminologique, les professionnels du recrutement - parmi lesquels on trouve au premier chef les spécialistes des études et du conseil dont le coeur du métier réside dans le conseil à l’embauche - sont confrontés au foisonnement terminologique des fiches de présentation des compétences par les responsables des Masters présentant de manière annuelle des candidats à l’embauche sur le marché du travail dans les entreprises.

 

Pour des raisons historiques, les vocabulaires spécialisés employés par les professionnels pour décrire leurs compétences constituent un ensemble clos parfaitement disjoint et hermétique de celui qui constitue les fiches de description des compétences des élèves en Master dans l’université. Sur un échantillon par exemple de 380 fiches de formation et de 21 fiches-métiers constituées en corpus XML, parfaitement corrigé puis traité en vue de l’analyse, on constate que le stock de vocabulaire commun, exception faite des mots grammaticaux et des mots dont la fréquence d’emploi en langue caractérise des unités sans pertinence, aux fiches de formation est en moyenne inférieur à 10%. Ce qui, au vu de l’objectif commun, semble très faible. Autrement dit, de manière systématique, là où le professionnel insiste sur une compétence en « reporting », les formations vantent « l’esprit de synthèse ». Ce fossé lexical, qui serait anecdotique, recouvre en réalité une divergence de perceptions onomasiologiques relativement pesantes. Qui plus est, certaines formations privées, qui ont fait le travail de traduire leurs fiches de formations en « termes des professionnels » contribuent à rendre les relations entre les compétences des uns et celles des autres très floues; et enfin, les entretiens personnalisés que nous avons eus avec les professionnels dans le cadre de rendez-vous collectifs organisés ont montré que la difficulté à recruter les étudiants des formations universitaires était intimement liée à la difficulté de lire les fiches de formations universitaires1.

 

Ces deux univers terminologiques convergents peuvent être considérés comme des isolats lexicaux; nous avons donc proposé des méthodes d’analyse qualitatives et quantitatives pour tracer automatiquement des liens entre des ensembles textuels écrits en français sur la base de la relation de ressemblance qui peut être déterminée automatiquement par l’analyse d’unités lexicales de vocabulaires spécialisés liées présentes dans chaque article, évaluée par des outils textométriques développés ad hoc afin de recenser le nombre d’unités synonymes présentes dans un article-cible et de proposer, sur la base de cette étape de transduction automatique, une évaluation numérique de la qualité de la ressemblance entre les deux textes. Il s’agit en fait d’une cartographie de la « synonymie textuelle2 ».

 

Présentation d'une chaîne de traitement autour de /Consultant Management/